Le 6 avril 2026
Volume 44, Numéro 4
Je me suis fait piéger
Clin d'oeil

Je me suis fait piéger

Il y a quelques semaines, je me suis fait piéger par un vilain rhume. Je me sentais moche, mais surtout paralysée par une paresse à la fois culpabilisante et réparatrice. Le divan était devenu un allié confortable, presque fusionnel.

Il va sans dire que le week-end tombait à point… comme toujours. Pourtant, le regret de ne pas sortir prendre l'air se faisait sentir tant le soleil brillait avec insistance dans le froid de février. Il faisait de son mieux, lui aussi.

Munie d'un élan de désespoir, ou peut-être de courage, je me suis levée de mon grabat et, multicouche de vêtements de randonnée, je me suis laissée glisser vers les sentiers du manoir. Respirant à pleins poumons, m'accrochant au bruit de mes bottes dans la neige, j'ai pris le temps de simplement respirer.

L'hiver me touche, tant par sa résilience que par sa résistance. Je suis accro à cette divine sensation de renaissance que me procure la vue des futurs bourgeons, prêts à éclore dès que le dégel amorcera ses négociations avec le printemps.

Sur le chemin du retour, j'ai trouvé une branche de peuplier fraîchement cassée. Elle était là, fine, garnie de bourgeons qui n'auraient peut-être jamais l'occasion de s'ouvrir. Pleine d'espoir, je l'ai ramassée et déposée dans l'eau, près de ma machine à café. Parfois, il suffit de laisser une petite chance à la vie.

Qui sait… peut-être qu'au matin, entre deux cafés, un peu de printemps apparaîtra et embaumera l'air.