La bataille de Gaulle, une fresque cinématographique haute en histoire.
Film d'Antonin Beaudry.
Étant né deux ans après la fin de la Deuxième Guerre mondiale, alors que ça sentait encore le chauffé, il me tardait de constater de visu l'extraordinaire parcours du général Charles de Gaulle, dont l'aura a bercé mes jeunes années.
Le film aborde avec justesse et humanisme une des périodes les plus sombres de l'histoire de France, celle de l'invasion allemande en 1940, suivie d'une reddition lâche et sans combat du régime de Vichy, dirigé par le maréchal Pétain. Une collaboration que n'acceptera jamais le général de Gaulle, alors très peu connu des Français.
De Gaulle, à partir de rien, mais imbu d'un sens patriotique inébranlable, s'exile au pays de Winston Churchill.
De Gaulle, incarnant la France libre avec une conviction et un sens du devoir et de la patrie qui surprendront les Anglais et leur chef.
De Gaulle, un homme de grande taille, (six pieds quatre pouces), est d'une stature digne d'Ulysse dans l'Odyssée. Ce qui fait la grandeur du général, c'est bien sûr son amour profond de la France, mais aussi son humilité, sa détermination et sa connaissance de l'histoire de son pays, sur un temps long. Il cite d'ailleurs Clovis, Charlemagne, Jeanne d'Arc, qui ont donné à la France ses lettres de noblesse.
Le défi fut immense pour lui, d'autant que Pétain le considérait comme un traître à son pays. Dans ce film, où un seul homme, à partir de rien, incarnera la France libre, il nous est permis de réfléchir sur certains de nos leaders d'aujourd'hui.
De Gaulle est la France libre. La France est aussi le pays de Gaule.
11 septembre, une date qui elle aussi a fait l'histoire. Dans ce second volet de la vie de Charles de Gaulle, lors de son entrée triomphale à Paris après la Libération, nous pourrons l'entendre prononcer cette fameuse harangue : « Paris outragé, Paris brisé, Paris martyrisé, mais Paris libéré ».
J'en ai des frissons.
DC